A l b u m s  S t u d i o

QUELQUE PART UN AIGLE

1er février 1982

Réf. catalogue : 
Philips — 6313 307
Format : 
LP, 30 cm
Canaux : 
Stéréo
Poinçon :
001 6313307 1 380 DM1 POLYGRAM
001 6313307 2 380 DM2 POLYGRAM
Ventes : 
226 500 ex.
Certifié :
 

P R É S E N T A T I O N

 

La pochette du nouvel opus de Johnny, sorti le 1erfévrier 1982, a de quoi surprendre l’acheteur potentiel qui tient le 33 tours ou la cassette audio entre ses mains. Présentant un crépuscule quasi post-apocalyptique, une sorte de trinité presque lugubre ; le soir désarticulé tombe sur une plaine désertique et rocailleuse dans laquelle est planté le corps d’une superbe guitare au manche brisé. Sur ce corps caverneux, vestige d’un passé glorieux, un aigle est en train de se poser. Si son plumage est grandiose et plein de force, sa tête, elle, fait tiquer et brise un peu le charme décadent de l’ensemble. Hallyday, dont le nom surplombe les montagnes lointaines, est dans les parages.

Le moment de stupeur passé, le badaud retourne la pochette et s’aperçoit, dans un léger soulagement demeurant inquiet, que l’aigle a repris non seulement son envol mais aussi la guitare qui, certainement, ne pouvait lui manquer dans ses futures aventures – une tournée d’hiver de 20 dates est prévue dès le 19. Que va-t-il donc se passer ? Que contient ce QUELQUE PART UN AIGLE... pour mériter une telle pochette, la quatrième et dernière présentant un dessin et non une photographie à l’instar de RÊVE ET AMOUR (1968), HAMLET (1976) puis HOLLYWOOD (1979), à la fois magnifique, peu ragoutante, et portant un message d’une telle clarté ?

La liste des neuf titres a de quoi, encore une fois, interloquer : on y parle de caisse, de Montpellier, d’hosto, d’Amérique, de sagesse ou encore de décalage horaire (le rocker a composé en collaboration tous les morceaux, du jamais vu depuis JOHNNY CHANTE HALLYDAY en 1965). Diable, la curiosité pique notre acheteur qui passe à la caisse, rentre chez lui dare-dare et pose le fruit de deux mois de travail (en novembre et décembre 1981 au Sound Connection Studio de Los Angeles pour les musiques et au Studio des Dames de Paris pour les voix) sur sa platine.

Alors qu’il s’assied dans son fauteuil, le bruit inquiétant d’un moteur de voiture qui ne veut rien savoir fait lentement son apparition pour s’éteindre brusquement, tronqué par un riff de guitare rythmique presque militaire. Tout à coup, un frisson parcourt le corps de l’auditeur alors qu’une voix d’outre-tombe largue les amarres : « T'es comme une caisse qui s'traîne / À 80 de moyenne / Sur une autoroute tout droit / Tu vois donc pas qu'tu t'noies ? »

Crucifié dans son fauteuil en même pas une minute, l’auditeur. LA CAISSE fait définitivement partie des titres chocs du répertoire Hallydéen. L’écoute se poursuit et les titres défilent comme les images d’un voyage dans un pays inconnu, grandiose (MON AMÉRIQUE À MOI), décadent (L’HOSTO), magnifique de peine et de désespoir (SAGE POUR VOUS puis MERCREDI MATIN), de sauvagerie (ON VA VOUS EN DONNER DU ROCK) ainsi que de joies entremêlées (CURE DE BLUES et DÉCALAGE HORAIRE, les deux dernières

chansons que Michel Mallory, l’un des principaux paroliers de l’Idole depuis 1972, signe avant son retour sur l’album SANG POUR SANG, en 1999).

Pourtant, une fois la dernière piste achevée, l’auditeur, se sortant de sa torpeur totale, retombe en questionnement et remarque que le titre de ce nouvel opus n’est rattaché à aucune chanson - ce même procédé a été utilisé pour SALUT LES COPAINS ! en 1961 ou bien pour HOLLYWOOD en 1979. La volonté de faire passer un message à l’auditeur est évidente : Johnny a largué les amarres. Il est libre et force est de constater qu’il ne sera pas le seul.

En effet, et rétrospectivement, les années 80 vont voir fleurir des albums déroutants dans lesquels les artistes renient directement un univers musical apportant tubes et gloire rapide : on peut citer VOYEUR de Kim Carnes (même année), un sidérant ovni n’ayant rien à voir avec son succès passé BETTE DAVIS EYES, ou PLAY BLESSURES d’Alain Bashung (idem), presque entièrement écrit par Serge Gainsbourg et proposant une noirceur assez insoutenable n’ayant rien à voir avec deux ses énormes tubes qu’étaient GABY OH GABBY et VERTIGE DE L’AMOUR (tous les deux sortis en 1981.

QUELQUE PART UN AIGLE..., ouvertement déshumanisé (exit les cuivres et bienvenue aux synthés), ne déroge pas à cette étrange mouvance suicidaire et sans suite. Véritable album expérimental et l’un des premiers enregistrements avec Pierre Billon aux manettes (celui-ci fut nommé réalisateur puis directeur artistique de Johnny à la rentrée 1981), il présente un négatif absolu de l’univers artistique de l’artiste. Hallyday est dur, il a connu l’univers carcéral, se ballade en moto dans des endroits déserts des États-Unis et se fout du temps qui passe ou des conventions.

QUELQUE PART UN AIGLE… bénéficie d’une équipe d’excellents musiciens, parmi lesquels Bruno Victoire (guitariste et co-compositeur), Éric Bouad (bassiste, idem) ou encore Joseph Hammer (batterie). Deux 45 tours en seront extraits : MONTPELLIER, sorti 19 février 1982 (réf. 6010 503) et MON AMÉRIQUE À MOI à la fin du printemps, accompagné de SOLO UNA PREGHIERA, une version moderne de l’AVE MARIA de Franz Schubert datant de 1825 (réf. 6010 565).

Suite à ce projet, Pierre Billon réalisera tous les albums de Johnny jusqu’à l’automne 1984 et signera quelques-unes des plus belles chansons de sa carrière.

Artur MICHALSKI

Adrien BALBOA

T I T R E S

 

1.     La caisse (4:18)        

         Paroles : Pierre Billon  

         Musique Pierre Billon, Bruno Victoire, Johnny Hallyday

 

2.      Sage pour vous (5:42)

          Paroles : Pierre Billon  

          Musique : Pierre Billon, Bruno Victoire, Johnny Hallyday   

 

3.      On va vous en donner du rock (4:00)

          Paroles : Boris Bergman       

          Musique : Bruno Victoire - Johnny Hallyday

 

4.      Mercredi matin (4:53)

          Paroles : Pierre Billon  

          Musique : Mort Shuman, Johnny Hallyday

 

5.      L'hosto (3:28)

          Paroles : Pierre Billon  

          Musique : Bruno Victoire, Johnny Hallyday

 

6.      Mon Amérique à moi (5:00)    

          Paroles : Philippe Labro        

          Musique : Éric Bouad, Johnny Hallyday

 

7.      Montpellier (4:27)

          Paroles : Claude Lemesle, Pierre Billon  

          Musique : Bruno Victoire, Johnny Hallyday

 

8.      Cure de blues   (3:42)

          Paroles : Michel Mallory

          Musique : Michel Mallory, Johnny Hallyday

 

9.      Décalage horaire (3:53)

          Paroles : Michel Mallory, Pierre Billon   

          Musique : Bruno Victoire, Pierre Billon, Johnny Hallyday

A N A L Y S E  A U D I O

 

Dynamique sonore

de l'album original

DR

P H O T O S

 

V I D É O S

 

A U T R E S  É D I T I O N S

 

C R E D I T S

 

Musiciens

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