A l b u m s  S t u d i o

SALUT LES COPAINS

16 décembre 1961

Réf. catalogue : 
Philips ‎– B 77.374 L
Format : 
LP, 30 cm
Canaux : 
Mono
Poinçon :
PHI AA 77874 1L 30
PHI AA 77374 2L 380
Ventes : 
108 500 ex.
Certifié :
 

P R É S E N T A T I O N

 

1961 est une année dite « injuste » pour la jeunesse. En effet si vous avez 16 ans, vous découvrez les joies du twist et des surprises parties. Si vous en avez 20, vous êtes bon pour aller maintenir l’ordre en Algérie ! Les chanteurs et les groupes de l’époque ne sont pas épargnés et certains, comme « Eddy Mitchell et les chaussettes noirs » ne s’en relèveront pas comme l’expliquera le « frère » de Johnny dans une chanson 25 ans plus tard… : « Soixante, soixante-deux. Quelque part ça m’fait peur. Soixante, soixante-deux. Y avait pas que des rockers ». C’est pourtant cette année là, qu’un jeune chanteur de 18 ans blond aux yeux bleus que l’on a découvert il y a tout juste un an, va voir sa carrière gagner en popularité. La gravité de son optimisme fait de lui non seulement un grand interprète mais aussi un artiste dont on écoute et dont on retient le message.

Nous sommes en Décembre 1961 et c’est Noël ! Le premier 33 tours 30 cm de Johnny Hallyday chez Philips  est enfin disponible. Mais attention : cet objet de luxe n’est pas à la portée de toutes les bourses. Il est magnifique, le « SALUT LES COPAINS ! » de Johnny Hallyday. Il trône dans la vitrine, chez le disquaire, en bas de la rue, et il en a marre, le disquaire en question qu’on vienne lui emprunter cet objet somptueux sous prétexte de vouloir l’examiner sous toutes ses coutures. En même temps, il faut bien qu’il donne aux gamins quelques arguments pour que ceux-ci tentent de convaincre leurs parents, de glisser cet objet somptueux sous le sapin.

 

Sur le recto de la pochette, on peut admirer l’idole en sueur, désignant le public du doigt et vêtu d’un somptueux costume bleu, brillant de mille feux sous les projecteurs de l’Olympia ! Mais vous n’êtes pas au bout de vos surprises, car ce disque possède une pochette ouvrante, dans laquelle se trouve un poster détachable géant de l’idole, ainsi que les photos de la série de concert à l’Olympia donné en Septembre. Le verso quand à lui est plus sobre et montre un gros plan noir et blanc du visage de l’artiste.

 

L’album s’ouvre sur l’énergique « WAP DOU WAP », qui est une invitation à danser pour tous ceux qui aiment le twist. L’utilisation d’onomatopées était très fréquente à l’époque, la plus connue étant sans doute BE BOP A LULA (en attendant DA DOU RON RON). Le second titre de l’album « SI TU ME TELEPHONES » , prenant l’apparence d’un twist, est véritablement un rock’n’roll ! 

Dans cette chanson Johnny répond à un coup de téléphone virtuel, on est bien loin du portable, le téléphone étant encore rare en 1961. Le titre qui suit, n’est pas n’importe lequel : « RETIENS LA NUIT » est le premier grand hit de la carrière de Johnny (composé par Charles Aznavour) et sera repris lors de nombreux concerts tout au long de sa carrière. Le quatrième extrait de cet opus, «NOUS QUAND ON S'EMBRASSE », est un grand classique du rock, que Johnny enregistrera à nouveau  en 1975. « TWISTIN' USA», « TOI QUI REGRETTES » ou encore « SAM'DI SOIR » restent toujours dans cet esprit de chansons racontant les peines, les joies et les rêves d’une jeunesse enfermée. Les deux titres qui suivent, peuvent eux aussi, être qualifiés de tubes. Il s’agit de « VIENS DANSER LE TWIST » et dans sa version originale « LET'S TWIST AGAIN » qui auront un impact considérable sur le public. Dans les années soixante, il est à la mode de faire interpréter les BO des films aux artistes en vogue tel que Johnny Hallyday. Le titre « DOUCE VIOLENCE », en est un bon exemple (le film est de Max Pécas). Vient ensuite « DANSE LE TWIST AVEC MOI » , titre qui permet au jeune chanteur de rendre un hommage au twist. Dans cet album on trouve aussi des titres plus tristes, « TU PEUX LA PRENDRE » est un standard repris par de nombreux chanteurs français. Enfin, et sans être de grands succès, « AVEC UNE POIGNEE DE TERRE » et « IL FAUT SAISIR SA CHANCE », marquent cet album d’une énergie joviale indéniable.

Notons que sur les 14 titres du 30 cm, seul six sont des titres nouveaux. Il convient en effet d’écarter les huit chansons du 25 cm viens danser le twist sorti le 20 septembre 1961. Les titres bonus  “YA-YA TWIST” et “LA FAUTE AU TWIST” sortiront quant à eux sur CD en 2000. Nota : Il existe deux versions différentes de la chanson Retiens la nuit : celle de l'album et une version plus courte, chantée par Johnny à Catherine Deneuve dans le film Les Parisiennes. Cette version est restée inédite en disque jusqu'en 1993.

Ce magnifique album contient donc tous les ingrédients du mythe à venir et sonne encore aujourd’hui comme l’ode le plus parfaite qui soit à l’adolescence. Pouvait-on rêver mieux pour lancer  une carrière de 50 ans ?

Antoine ELIE

T I T R E S

 

1.      Wap dou wap (2:15)

          Paroles : Jil et Jan

          Musique : Johnny Hallyday

 

2.      Si tu me téléphones (2:45)

          Paroles : Clément Nicolas

          Musique : Georges Garvarentz

 

3.      Retiens la nuit (2:57)

          Paroles : Charles Aznavour

          Musique : Georges Garvarentz

 

4.      Nous quand on s'embrasse [High School Confidential] (2:41)

          Paroles : Jil et Jan (adaptation)

          Musique : Jerry Lee Lewis, Ron Hargrave

 

5.      Twist in USA [Twist in USA] (2:27)

         Paroles : Guy Bertret, Roger Desbois (adaptation)

         Musique : Kal Man

 

6.      Toi qui regrettes (3:11)

          Paroles : Jil et Jan

          Musique : Johnny Hallyday

 

7.      Sam'di soir (3:05)

          Paroles : Charles Aznavour

          Musique : Georges Garvarentz

 

8.      Viens danser le twist [Let's Twist Again] (2:07)

          Paroles : Georges Gosset (adaptation)

          Musique : Kal Mann, Dave Appell (en) (crédité David Appel)

 

9.      Let's Twist Again (chanté en anglais) (2:08)

          Paroles : Kal Mann, David Appel

          Musique : Kal Mann, David Appel

 

10.    Douce violence (2:25)

          Paroles : Georges Garvarentz, Clément Nicolas

          Musique : Georges Garvarentz

 

11.    Danse le twist avec moi [Dance The Mess Around] (2:21)

          Paroles : Jean Dambrois (adaptation)

          Musique : Kal Mann, David Appel

 

12.    Tu peux la prendre [You Can Have Her] (2:40)

          Paroles : André Salvet, Lucien Morisse

          Musique : Bill Cook

 

13.    Avec une poignée de terre [A Hundred Pounds Of Clay] (2:16)

          Paroles : Manou Roblin, Rudi Révil (adaptation)

          Musique : Kay Rogers - Luther Dixon, Bob Elgin

 

14.    Il faut saisir sa chance (2:45)

          Paroles : Charles Aznavour

          Musique : Georges Garvarentz

 

15.    Ya ya twist [Ya-Ya] [Bonus édition CD 2000] (2:28)

          Paroles : Lucien Morisse, Georges Aber (adaptation)

          Musique : Lee Dorsey, Clarence Lewis, Morgan Robinson

 

16.    La faute au twist [Bonus édition CD 2000] (1 :54)

          Paroles : Jil et Jan

          Musique : Johnny Hallyday

A N A L Y S E  A U D I O

 

Dynamique sonore

de l'album original

DR 10

     Le mixage original est, si l'on peut dire, du style rentre dedans. Peu de fioritures ou de détails sont au programme. Sur la face 1 de l'album, on distingue bien le léger écho qui enrobe la voix de Johnny, suivi de la batterie et de la basse, très lisible (et volumineuse sur "l'intro de Let's Twist Again"), des violons sur Retiens la nuit (les slows, dont toi qui regrettes, semblent moins bruts de décoffrage), et des guitares plus en arrière plan, exception faite des solos où elles prennent naturellement la première place (quand ce rôle de soliste n'est pas rempli par le saxophone comme sur le furieusement possédé "Sam'di soir" où sa texture hurlante est superbement rendue). 

 

     La voix de johnny, entre écho (au maximum sur le titre Twistin' USA) et saturation, ressemble à celle d'un jeune fauve rugissant, ce qui est le cas dans tous les sens du terme (elle est très proche sur "tu peux la prendre").

   Ce goût pour la compression se retrouve tout naturellement sur la seconde face du disque où l'écho sur la voix de Johnny semble être plus modérément utilisé. L'ensemble s'écoute facilement, on entre de plain pied dans l'univers survitaminé des années 60 et rien ne semble pouvoir arrêter ce train fou conduit par un Johnny au sommet de sa forme.

     On en redemande malgré une dynamique faiblarde de 10/20 et une homogénéité d'enregistrement qui n'est pas parfaite et qui permet de se rendre compte du changement de studios (3 au total !).

P H O T O S

 

V I D É O S

 

A U T R E S  É D I T I O N S

 

C R E D I T S

 

Musiciens

Les Golden Strings (orchestre de Johnny Hallyday)

Jean-Pierre Martin : guitare

Claude Horn : guitare solo

Antonio Rubio : basse

Louis Belloni : batterie

Marc Hemmler : piano

Jean Toscan : saxophone

 

Studio Fontana, Stanhope House, Londres (5 au 12 septembre 1961)

Nous quand on s'embrasse, Toi qui regrettes, Let's Twist Again, Douce violence, Tu peux la prendre, Avec une poignée de terre, Il faut saisir sa chance

Jack Baverstock, Lee Hallyday : réalisation

Harry Robinson : direction orchestre

Joe Moretti : guitare solo

Big Jim Sullivan : guitare rythmique

Brian Locking : basse

Andy White : batterie

Georgie Fame : piano

Jean Toscan : saxophone

Studio Philips-Blanqui, Paris (novembre 1961)

Wap dou wap, Si tu me téléphones, retiens la nuit, Twist in USA, Sam'di Soir, Viens danser le Twist, Danse le twist avec moi

Lee Hallyday : réalisation

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